Concertation entre les Organisations Paysannes d’Afrique centrale et les acteurs de la Recherche

Publication : Fév 05th, 2018

SAM 0546

Organisé par la Plateforme Sous-Régionale des Organisations Paysannes d’Afrique Centrale (PROPAC) du 06 au 08 aout 2014, l’atelier regroupe une trentaine de participants représentant les organisations de producteurs, les instituts nationaux et pôles régionaux de recherche, les ministères, les communautés économiques régionales (CEMAC et CEEAC.

L’agenda du  06 août 2014 s\'articulait autour de deux sessions: 

- la session introductive constituée de trois principaux temps forts notamment: le mot de bienvenue de la Presidente de la PROPAC, le mot du Représentant de la CEMAC et l\'allocution d\'ouverture du Représentant de la CEEAC.

- La session des travaux consitué d\'exposés et suivis de débats en plénière.

1.      Mot de bienvenue de la Présidente de la PROPAC

Madame Elisabeth ATANGANA, Présidente de la PROPAC/Ambassadrice Speciale de la FAO pour les Coopératives  a souhaité une chaleureuse bienvenue à l’ensemble des participants. Elle a souligné l’intérêt de l’atelier, en relevant notamment l’opportunité porteuse d’espoir, offerte par le PAEPERD (Plateforme de Partenariat Afrique-Europe en recherche Agricole pour le Développement). Car, a-t-elle indiqué, la rencontre concerne deux acteurs clés dans le développement de l’agriculture en Afrique: les producteurs et les chercheurs.

Revenant sur les défis auxquels l’agriculture africaine est confrontée, Madame la Présidente a souligné la volonté politique impulsée par la création du NEPAD et l’élaboration du PDDAA,  en mettant un accent particulier sur le pilier 4 dudit programme, qui place la recherche agricole au centre des enjeux de développement durable. Elle a également précisé que le Forum Africain pour la Recherche Agricole (FARA) permet, à travers le PAEPARD, d’avoir un cadre de concertation OP-chercheurs.

Pour clore son propos, l’intervenante a émis le souhait que la rencontre soit productive et débouche sur un engagement concerté des parties prenantes pour une transformation de l’agriculture familiale en Afrique centrale.

2.      Mot du représentant de la CEMAC

Dans son intervention, Monsieur MESSI Nicolas Marie, représentant de la CEMAC, a  remercié  la présidente de la PROPAC pour l’initiative lancée en vue d’un partenariat avec la  CEMAC. Cette institution, a-t-il souligné,  suit de près les actions menées par la PROPAC. Il a également loué la collaboration fructueuse entre la CEMAC et la PROPAC, matérialisée par l’organisation préalable d’ateliers ayant permis d’améliorer les connaissances des acteurs intervenant dans le domaine de la production agricole. Il a terminé en émettant le souhait que les conclusions tirées des travaux soient bénéfiques aussi bien pour les OP que pour les instituts de recherche.

3.      Allocution d’ouverture du Représentant de la CEEAC

Dans son allocution de circonstance, Monsieur NDJOYA Jean, représentant de la CEEAC, a félicité la présidente de la PROPAC pour l’initiative d’organiser une concertation OP-chercheurs. S’appuyant sur la maxime selon laquelle la recherche est au développement ce que la nourriture est à l’organisme, il a souligné que la CEEAC accorde une importance particulière à toutes les initiatives de recherche,  d’où le soutien de l’institution en faveur du Programme de Productivité Agricole Afrique centrale qui, comme cela est le cas enAfrique de l’ouest,  devrait assurer l’amélioration de la sécurité alimentaire et de la croissance dans la sous-région.

$1    les exposés et les changes en pleniere ont débuté par la présentation par Monsieur EWOLE Gustave, des termes de référence de l’atelier, en indiquant notamment le contexte, les objectifs visés, les résultats attendus, le déroulement de l’atelier et la qualité des participants.

En termes d’objectifs, l’atelier visait à renforcer les mécanismes de collaboration entre les organisations de producteurs et les  instituts de recherche agronomique, pour une communauté d’objectifs et une vision concertée des principaux aspects de la recherche agricole pour le développement en Afrique Centrale.

De manière spécifique, il s’agissait :

-          de mettre en place des mécanismes qui favorisent la prise en compte et l’implication des OP dans les processus de recherche ;

-          de favoriser l’appropriation des processus et résultats de recherche par les OP et leurs membres en vue d’une meilleure vulgarisation ;

-          de créer un cadre formel de concertation entre la recherche, la PROPAC et ses OPN ;

-          d’identifier les domaines et thématiques prioritaires pour la collaboration.

Cette présentation a donné lieu à quelques réactions de la part des participants, portant notamment sur le choix des participants à l’atelier. A ce niveau il a été relevé la nécessité d’associer les décideurs dans la mesure où ces derniers orientent la politique en matière de recherche, et d’impliquer d’autres acteurs du secteur privé dans le processus de concertation.

Cinq (05) exposés ont été présentés par des experts des domaines concernés.

1.      Présentation de la PROPAC 

Cette présentation, faite par Monsieur Nga célestin a permis aux participants d’être édifiés sur :

$-       le contexte de l’Afrique centrale ayant inspiré la création de la plateforme, caractérisé entre autres par un potentiel énorme en matière de production végétale, une représentativité de 60% d’acteurs, des conditions naturelles favorables, la disponibilité de la terre, une importante réserve de ressources en eaux internes renouvelables, un marché régional de plus de 140 millions de consommateurs, l’existence de deux communautés économiques ;

$-       quelques contraintes telles que désinvestissement dans l’agriculture, la faiblesse des investissements dans les ressources humaines et la recherche, les difficultés d’accès des petits producteurs aux facteurs de production, l’incidence du SIDA ;

$-       le membership de la PROPAC, qui comporte 10 membres représentant les Organisations Paysannes de10 différents pays de la sous-région ;

$-       l’historique, la vision, les missions et le fonctionnement de la PROPAC ;

$-       les actions menées par cette plateforme, découlant du plan stratégique 2013-2017, dont les principales orientations ont trait à la structuration des OP membres de la PROPAC,  à la mobilisation des ressources financières,au  lobbying et au plaidoyer,  à la promotion de l’approche genre.

L’intervenant s’est également appesanti sur les défis qui interpellent la PROPAC, ainsi que les priorités actuelles. Une liste non exhaustive des partenaires de la PROPAC a été présentée.

2.      Présentation du PAEPARD (Platform for African and European Partnership for Agricultural Development in Africa)

Dans son exposé, Monsieur Jonas MUGABE, gestionnaire du PAEPARD,a rappelé les objectifs de cette institution, à savoir construire des partenariats multi acteurs entre les acteurs africains et européens de la recherche agricole. Il a présenté le contexte d’intervention du PAEPARD II, mis en place pour apporter des solutions aux problèmes identifiées dans le cadre du PAEPARD I.

Indiquant les actions menées par le PAEPARD pour réaliser ses objectifs, l’intervenant s’est appesanti sur 7 volets d’activités :

-       Mobiliser les chercheurs et non chercheurs en Afrique et en Europe pour une collaboration en recherche agricole pour le développement ;

-       Créer des outils d’accès aux connaissances et à l’information sur la recherche agricole pour le développement ;

-       Renforcer les capacités des acteurs à travailler dans les partenariats inclusifs et équilibrés ;

-       Amener les partenaires à former des partenariats autour des défis communs ;

-       Faire le plaidoyer pour un financement de la recherche agricole pour le développement des partenariats inclusifs ;

-       Assurer la gestion et la coordination.

L’intervenant a également présenté le mécanisme de courtage du PAEPARD, portant notamment sur un appel à la formation des partenariats. En guise d’actions menées dans ce cadre, il a relevé les consultations internes sectorielles et multi acteurs en Afrique et en Europe, dont l’objectif était d’identifier les défis communs afin d’élaborer les projets.

Présentant la gouvernance du projet, il a brièvement décrit les organes principaux tels que le comité de pilotage, le comité de coordination, la coordination du projet.

Parmi les défis relevés par l’intervenant, on note la création des plateformes, la faible motivation des chercheurs européens par des partenariats sans financement, le caractère parfois inapproprié des opportunités de financement, la compétitivité des mécanismes de financement actuels, la faiblesse des ressources de certaines institutions de partenariat pour préfinancer les activités.

Pour conclure son propos, l’intervenant a relevé que l’occasion offerte par PAEPARD a permis de montrer que la connaissance n’est pas seulement l’apanage des chercheurs, mais également des producteurs.

3.      Présentation des initiatives de mobilisation des acteurs

Ce point a fait l’objet de deux interventions axées sur les initiatives respectives de la PROPAC et de la CNOP-CAM.

Intervenant en premier, Monsieur EWOLE Gustave a présenté les initiatives de la PROPAC, en 2 étapes : la consultation multi acteurs et la construction du partenariat OP- recherche consortium.

S’agissant de la consultation multi acteurs, elle a permis :

-       d’échanger sur les expériences de partenariat entre les acteurs de la recherche et les producteurs ;

-       d’identifier les besoins en termes de renforcement des capacités ;

-       de relever les contraintes en matière de recherche agricole pour le développement ;

-       d’explorer les pistes de partenariat pour l’amélioration de la productivité des OP.

Les résultats de cette consultation ont permis d’identifier des thématiques clés autour desquels des activités de formation ont été développées.

En ce qui concerne la 2e étape portant sur la construction du partenariat OP-recherche consortium, elle a consisté en l’identification des thèmes fédérateurs, l’analyse des problèmes, l’étude documentaire, l’étude de cas, le choix d’un thème fédérateur et la définition des  questions de recherche.

Les résultats obtenus au terme de cette deuxième étape sont notamment, la constitution d’un consortium Europe-Afrique, avec plusieurs partenaires dont certaines organisations de producteurs en Afrique centrale et quelques instituts de recherche, ainsi que l’élaboration d’une note conceptuelle sur le projet « Gestion intégrée de la fertilité de sols en maraichage urbain et périurbain en Afrique Centrale ».

A la suite de cette intervention, Madame ENGAMA Marie Joseph, Secrétaire exécutive de la CNOP-CAM (Concertation Nationale des Organisations Paysannes au Cameroun), a présenté l’initiative de cette organisation, en décrivant notamment :

-       le contexte de la création en 1998 de la CNOP-CAM, qui est une instance faîtière des organisations paysannes au Cameroun, dont la vision est de soutenir une agriculture familiale entreprenante et dynamique ;

-       les objectifs de la CNOP-CAM ;

-       les missions de l’organisation ;

-    les outils spécialisés de la CNOPCAM qui sont les institutions de microfinance rurale, le centre de formation professionnels et des exploitants agricoles et entrepreneurs ruraux, les coopératives spécialisées

-       les axes stratégiques ;

-       les relations entre la CNOP- CAM et la recherche agricole au niveau national ;

-       les mécanismes de formalisation du partenariat OP-recherche et les autres acteurs du développement agricole ;

-       les rôles des différents partenaires dans le cadre du consortium (CNOP-CAM, IRAD, UY2, CIRAD) ;

-       les activités réalisées par le CIU2C (atelier d’initiation au partenariat, ateliers d’écriture pour la reformulation et l’amélioration de la note conceptuelle, formulation du projet de valorisation des produits de saison au Cameroun,  participation à la semaine scientifique du FARA au Ghana) ;

$-       les résultats obtenus ;

-       les difficultés rencontrées (manque d’expérience antérieure pour les acteurs, difficultés à trouver des opportunités de financement, disponibilité limitée des partenaires, faible niveau de communication entre les différents acteurs, lourdeur du dispositif de PARPERD) ;

-       les défis majeurs et les perspectives.

4.      Rôle des OP dans le processus de Recherche Agricole pour le Développement

Dans sa présentation, Madame Joséphine ATANGANA, chargé de programme à la PROPAC a rappelé les objectifs de la recherche et ceux des OP, ainsi que les attentes des deux acteurs.

Revenant sur les défis communs au OP et aux acteurs de la recherche, l’intervenante s’est appesantie sur : la gestion des terres et des eaux, la sécurité alimentaire, les OGM, l’agribusiness, le changement climatique, les innovations, la vulgarisation, la professionnalisation et l’amélioration des prix.

Parlant des pistes de solutions pour adresser ces défis, Madame ATANGANA a relevé le partage des savoirs, des savoirs- faire, des technologies et des innovations, le développement des programmes communs basés sur les besoins des producteurs, le plaidoyer en concertation, la recherche des fonds spécifiques et le développement des systèmes de vulgarisation avec la participation des différents acteurs.

$15.      Diffusion des résultats de la recherche et capitalisation des savoirs endogènes

Cet exposé a été présenté par Monsieur ONGUENE, représentant de l’IRAD. Il a introduit son propos par une présentation de l’IRAD, en indiquant notamment que cet institut couvre les cinq zones agro écologiques du Cameroun disposant chacune de centres de recherche régionaux et de centres spécialisés.

Il a également mentionné les cinq domaines de recherche de l’IRAD, à savoir : cultures annuelles, cultures pérennes, production animale, forêts, sols et environnement, systèmes de production, économie et sociologie rurales.

Quelques acquis majeurs ont été soulignés, ainsi que les mécanismes de diffusion des résultats (mise à la disposition des producteurs des semences de base de variétés et spéculations, création de champs semenciers de proximité de la spéculation d’intérêt, la création de parcelles de démonstration, l’organisation de journées portes ouvertes, la participation aux foires, encadrement des OP, organisation d’ateliers de formation des formateurs).

S’agissant spécifiquement de la capitalisation des savoirs indigènes, l’intervenant s’est appesanti sur diverses études menées, notamment les études des savoirs dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage, les études ethnobotaniques, ethno pédologiques et ethno mycologiques.

Au cours des échanges qui ont suivi chacune de ces présentations, les participants ont soulevé des préoccupations liées notamment:

-          à la clarification de la vision de la PROPAC en termes d’ouverture laissée à plusieurs organisations de producteurs au sein du même pays ;

-          à l’impact obtenu dans la réalisation des activités de la PROPAC, au regard du nombre réduit des effectifs ;

-          à l’importance du soutien des partenaires pour la réalisation optimale des activités de la PROPAC ;

-          à la justification de la compétitivité entre chercheurs et non chercheurs dans le cadre du PAEPARD ;

-          à la suite donnée aux demandes de fonds incitatifs mentionnées par le PAEPARD ;

-          à la définition du mécanisme de financement pour le développement des notes conceptuelles impliquant plusieurs acteurs ;

-          à la possibilité de soumission des notes conceptuelles élaborées dans le cadre du PAEPARD à d’autres acteurs que  ceux relevant de l’Union Européenne pour des demandes de financement ;

-          au  mécanisme de suivi des actions menées par le PAEPARD ;

-          au rôle de CNOP-CAM dans le projet DONATA ;

-          à la faiblesse des investissements dans le domaine de la recherche agricole ;

-          à l’implication des acteurs du secteur privé dans la mobilisation des ressources ;

-          aux mécanismes de collaboration au niveau de la sous-région pour la mise à disposition des semences améliorées en vue de leur adaptation ou utilisation dans le autres pays de la sous-région ;

-          aux moyens de diffusion des résultats de la recherche en dehors du Cameroun ;

-          aux mécanismes de collaboration avec l’IRAD pour l’accès aux semences améliorées ;

-          à la possibilité de faire bénéficier aux chercheurs de la sous-région des avancées des instituts de recherche des pays concernés ;

-          àl’articulation des besoins des producteurs avec les thèmes de recherche ;

-          à la problématique de la gestion des OGM ;

Des éléments de réponse ou de clarification ont été apportés par les différents experts et les participants. Les échanges ont  abouti à la formulation de quelques suggestions, dans l’optique d’une meilleure appropriation par les différents acteurs des mécanismes de collaboration et de partenariat en vue de l’amélioration de la productivité. Un accent particulier a été mis sur les aspects tels que :

-          l’accompagnement des OP dans la formulation des notes conceptuelles ;

-          la collaboration entre les différents acteurs pour un meilleur impact des actions menées ;

-          le partage d’expérience dans la sous-région en matière de vulgarisation des résultats de la recherche ;

-          la mise en synergie des acteurs pour la mobilisation des fonds ;

-          l’implication des producteurs à tous les niveaux de la chaîne ;

-          la prise en compte de tous les acteurs dans le processus d’élaboration des projets de recherche ;

-          la poursuite de la réflexion sur la problématique de gestion des OGM.

La journée s’est achevée par des remerciements à l’endroit des participants pour la qualité des échanges, ainsi qu’un bref rappel de l’agenda de la journée suivante. 

SAM 0535

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