Une première étape institutionnelle au siège de la CNOP‑CAM
La journée a débuté au siège de la CNOP‑CAM, au cœur de Yaoundé, où les délégations de la PROPAC et de La Via Campesina ont été reçues.
Les échanges ont permis de dresser un panorama des défis majeurs des producteurs : accès aux marchés locaux et régionaux, impacts des règles commerciales internationales sur l’agriculture familiale et nécessité de préserver des marges politiques pour élaborer des politiques agricoles adaptées aux réalités nationales.
À la CM14, ces enjeux sont centraux : les petits producteurs africains cherchent à ce que les règles commerciales reflètent mieux leurs réalités et permettent des pratiques agricoles durables, justes et équitables.
Valoriser le local : une chaîne de valeur intégrée

Le restaurant Oterroir : du producteur à l’assiette
Adossé au siège de la CNOP‑CAM, le restaurant Oterroir illustre concrètement l’approche « de la fourche à la fourchette ». Ses plats sont exclusivement préparés à partir de produits issus de l’agriculture paysanne locale.
Au‑delà de l’offre culinaire, cette initiative vise à promouvoir les produits du terroir, soutenir les producteurs locaux et encourager une consommation responsable. En s’inscrivant dans la campagne « Je mange Camerounais », le restaurant contribue à réduire la dépendance aux importations alimentaires. Ici, consommer local devient un acte d’engagement citoyen et économique.
La boutique agroécologique Angouda : une vitrine pour les producteurs
À proximité, la boutique agroécologique Angouda propose une diversité de produits agricoles, transformés et spécialités locales issus des membres de la CNOP‑CAM.
Cette boutique structure les filières locales en offrant aux producteurs des débouchés directs, rapproche les consommateurs des agriculteurs et renforce la visibilité des produits paysans. En intégrant production, transformation et commercialisation, la CNOP‑CAM démontre la viabilité d’un modèle économique territorial et inclusif.
L’ECOPARK : entre conservation et production durable
La délégation s’est rendue à l’ECOPARK, un zoo agroécologique dédié à la conservation d’espèces animales rares et protégées.
Ce site assure la préservation de la biodiversité tout en intégrant des activités de pisciculture, illustrant une approche conciliant conservation écologique et production durable. L’ECOPARK fonctionne comme un laboratoire vivant d’innovations agroécologiques adaptées aux défis contemporains.
Nkolmefou 1 : l’agroécologie paysanne en pratique

Le point culminant de la visite s’est déroulé à Nkolmefou 1, près de Yaoundé, au sein de l’exploitation d’un membre du GIC AGREN (Groupement d’Intérêt Commun des Agriculteurs et Éleveurs).
Dans cette zone où l’agriculture familiale est un pilier économique, les producteurs expérimentent des pratiques agroécologiques innovantes :
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Le compost amélioré, enrichi avec des intrants naturels pour restaurer la fertilité des sols, réduisant ainsi la dépendance aux engrais chimiques importés.
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Les biofertilisants, produits à partir de micro‑organismes locaux bénéfiques, renforçant la croissance des cultures.
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Le jardin ethnobotanique, valorisant des plantes locales comme le moringa, le neem et le ndolé, témoignant de la richesse des savoirs endogènes et de leur adaptation moderne.
Ces pratiques montrent comment savoirs traditionnels et innovation peuvent se conjuguer pour renforcer la durabilité et la productivité.
Enjeux structurants pour l’Afrique centrale

Vers des systèmes agricoles durables
Les initiatives observées offrent des réponses concrètes à des défis contemporains comme la dégradation des sols, la perte de biodiversité et les effets du changement climatique. L’agroécologie se présente comme une alternative crédible aux modèles dépendants d’intrants coûteux.
Un levier de souveraineté alimentaire
En réduisant leur dépendance aux importations et en valorisant les ressources locales, les producteurs renforcent leur capacité à maîtriser leurs systèmes alimentaires. Cette dynamique s’inscrit au cœur des discussions de la CM14 sur les règles agricoles et commerciales plus équitables.
Transformation des rapports de pouvoir
Au‑delà des techniques, ces initiatives traduisent une transformation des rapports de pouvoir : les producteurs deviennent acteurs de leur propre développement, par l’organisation collective, l’échange de savoirs et la maîtrise des moyens de production.
Conclusion : des territoires aux débats mondiaux
Cette visite illustre une réalité forte : des solutions concrètes émergent déjà sur le terrain, incarnant une agroécologie moderne, durable et adaptée. Les organisations paysannes ne sont pas seulement des parties prenantes des débats internationaux, elles sont porteuses de solutions réelles.
La souveraineté alimentaire et nutritionnelle se construit d’abord dans les territoires, et les règles commerciales doivent la soutenir. Dans un contexte mondial marqué par l’instabilité alimentaire et des négociations difficiles à la CM14, ces expériences offrent une perspective essentielle : celle d’un modèle agricole résilient, ancré localement et porteur d’avenir. (Elementerres)
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